Le sang a à nouveau coulé dans les rues de Bamenda ce lundi après-midi, après que des hommes lourdement armés ont ouvert le feu sur des civils dans un lieu de loisirs près de la zone de PMI Nkwen / Hôpital de District de Back Nkwen, faisant trois morts et plusieurs blessés graves. Les victimes — identifiées localement comme étant une femme et deux hommes — ont été prises pour cible vers 15h00 heure locale lorsque les assaillants, soupçonnés d'être des combattants séparatistes armés, ont fait irruption sur les lieux à bord de motos. Des témoins oculaires ont rapporté que les hommes armés ont tiré sans distinction dans cet établissement où des habitants s'étaient rassemblés, provoquant une panique générale et la fuite des passants cherchant un abri. Les blessés ont été transportés en urgence dans les structures médicales voisines, où le personnel travaille dans des conditions difficiles pour soigner des blessures par balle. Cette attaque de lundi s'est produite lors d'un confinement de type « ville morte » (« ghost town ») strictement appliqué, une grève générale obligatoire imposée chaque semaine par des factions séparatistes anglophones rivales. Entrant désormais dans sa dixième année depuis l'escalade de la crise en 2016, la politique des « villes mortes » continue de paralyser l'activité économique, les transports quotidiens et la vie publique dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Le moment de cette attaque coïncide avec un appel controversé à un « double confinement » émis par des groupes séparatistes rivaux, paralysant de fait la vie communautaire alors même que le reste du Cameroun entame la deuxième semaine de l'année scolaire 2026/2027. Alors que les écoles reprennent un fonctionnement normal dans d'autres régions, les salles de classe de la majeure parie de Bamenda restent vides par peur des représailles violentes et du boycott imposé. Les résidents locaux expriment un désespoir grandissant alors que les civils continuent de payer le plus lourd tribut de cette impasse politique et de ces affrontements armés. Les meurtres non signalés ou sous-signalés lors des confinements du lundi sont devenus un risque quotidien pour les citoyens qui tentent de sortir pour subvenir à leurs besoins essentiels ou trouver un répit social. Aucun groupe n'a officiellement revendiqué la fusillade de lundi, et les autorités locales n'ont pas encore publié de communiqué officiel concernant le bilan ou les suspects. Les forces de sécurité se seraient déployées sur l'axe de PMI Nkwen pour enquêter sur les lieux et patrouiller dans les quartiers environnants.