Selon Achobong Paul, maire de la ville de Bamenda, cette ville fantôme, qui perdure depuis quatre ans alors que la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du pays s'est aggravée, a désormais des répercussions sur l'économie. Dans les jours à venir, des mesures seront prises pour que ce phénomène appartienne définitivement au passé en 2021, compte tenu des pertes économiques subies par les habitants de Bamenda. Cette ville fantôme, qui touche les deux régions principalement le lundi, est le jour le plus redouté par les fonctionnaires, les acteurs économiques et tous ceux qui vivent dans les zones touchées par la crise. Certaines communautés se sont retrouvées privées de marchés, d’écoles, d’hôpitaux, de services publics (en particulier le lundi) et même d’activités agricoles. Le boycott constant des élections, des sessions parlementaires et d’autres événements a privé les habitants de Bamenda et de la région du Nord-Ouest (NWR) dans son ensemble de certains avantages économiques offerts par l’État, tels que la construction de stades modernes – dont disposent désormais presque toutes les régions – et d’un bon réseau routier.

De plus, la restriction de la circulation des motos dans certains quartiers de la ville de Bamenda, qui a permis de mettre un frein aux coups de feu incessants, aux enlèvements et aux menaces de mort perpétrés par des groupes armés soupçonnés d’utiliser des motos pour ces opérations, a amélioré les conditions de vie. Selon le maire, 98 % des motos ont ainsi été retirées de ces zones.