Le Premier ministre et chef du gouvernement du Cameroun, le chef Dr Joseph Dion Ngute, a consacré la première journée de sa visite de travail de deux jours dans la région du Nord-Ouest à inspecter d’importants projets de développement à Bamenda et à appeler à la fin de la crise anglophone qui dure depuis une décennie.

Le Premier ministre est arrivé à Bamenda le mercredi 14 octobre 2026, alors que le gouvernement s’apprête à lancer un dialogue communautaire régional jeudi. Sa visite l’a conduit sur plusieurs chantiers et projets d’infrastructures publiques, notamment le nouveau siège du Conciliateur public indépendant ainsi que le bâtiment administratif et la résidence de l’Assemblée régionale du Nord-Ouest, tous deux en cours de construction à Upstation Bamenda.

Accueilli par le gouverneur de la région du Nord-Ouest et d’autres autorités régionales, le chef du gouvernement a été accompagné lors d’une visite des principaux chantiers destinés à renforcer l’administration publique, à améliorer l’accès aux services essentiels et à soutenir le développement de la capitale régionale.

Parmi les sites visités figurait le nouveau siège du Conciliateur public indépendant (CPI) du Nord-Ouest, une institution qui joue un rôle dans le règlement des plaintes, le traitement des griefs et l’amélioration des relations entre les citoyens et les pouvoirs publics.

Ces nouveaux locaux ont pour objectif d’offrir de meilleures conditions de travail à l’institution dans l’exercice de sa mission. Les partisans du projet soulignent que l’accès à la justice, la responsabilité des pouvoirs publics et l’existence de mécanismes efficaces de résolution des litiges sont essentiels pour restaurer la confiance du public et instaurer une paix durable.

Le Premier ministre a également visité le bâtiment administratif et la résidence de l’Assemblée régionale du Nord-Ouest, actuellement en construction à Upstation. Ces projets devraient renforcer les capacités institutionnelles de l’Assemblée et offrir des infrastructures administratives et d’hébergement améliorées. 

Parmi les autres étapes du programme de cette première journée figuraient le siège régional des douanes, l’hôpital du district de Mankon, récemment construit, ainsi que plusieurs chantiers de construction et de réfection routière à Bamenda.

Parmi les chantiers routiers inspectés figuraient le carrefour MINHDU/C2D reliant les zones des douanes, du lycée bilingue public et de la route de la prison, le carrefour de l’École des Champions, les routes menant au nouveau marché de Bamenda I, les axes du carrefour Amour Mezam et du carrefour vétérinaire, la route de City Chemist, la rue Fon’s et la route du marché alimentaire.

Cette visite d’inspection avait pour but de permettre au chef du gouvernement d’évaluer l’avancement des projets et les travaux entrepris pour améliorer les infrastructures de la capitale régionale.

Au-delà des chantiers, la visite du Premier ministre véhiculait un message concernant le conflit qui touche les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis près d’une décennie.

Lors de sa visite au palais de Mankon, le chef Dion Ngute a évoqué les changements intervenus à Bamenda depuis sa précédente visite, il y a environ un an. Il a également déclaré que le président Paul Biya avait pris connaissance des préoccupations de la population du Nord-Ouest, en particulier celles des habitants de Bamenda.

Dans la perspective des discussions de jeudi, le Premier ministre a lancé un appel direct en faveur d’une fin de la crise, en posant la question suivante : « Dix ans, n’est-ce pas suffisant ? »

La première journée de la visite du Premier ministre a été en grande partie consacrée à l’inspection des travaux de développement en cours, tandis que la journée suivante serait axée sur des discussions concernant la crise et les moyens possibles d’y mettre un terme.

Cette question intervient à un moment où de nombreuses communautés du Nord-Ouest continuent de faire face à l’insécurité, aux déplacements de population, à la perturbation de l’enseignement et aux difficultés économiques. Pour les habitants qui ont enduré des années de violence et d’incertitude, la question centrale reste de savoir si les discussions prévues pourront déboucher sur des progrès tangibles vers la paix.

Le dialogue communautaire prévu a déjà suscité des réactions divergentes parmi les observateurs politiques et les autres parties prenantes.

Les responsables gouvernementaux et les partisans de cette initiative présentent la visite du Premier ministre comme s’inscrivant dans le cadre des efforts visant à consolider la paix, à faire progresser la décentralisation et à démontrer l’engagement de l’État en faveur du développement de la région.

Cependant, les détracteurs se demandent si les réunions prévues permettront d’assurer la large participation nécessaire pour s’attaquer aux causes profondes du conflit. Certains ont qualifié cette démarche de « monologue politique » plutôt que de « dialogue inclusif », faisant valoir que des progrès significatifs nécessiteront la participation d’un éventail plus large d’acteurs et une volonté de s’attaquer aux préoccupations à l’origine de la crise.

Ces critiques soulignent le défi auquel le gouvernement est confronté à l’approche des discussions régionales. Au-delà des déclarations officielles et des réunions, de nombreux habitants attendront des signes clairs indiquant que leurs préoccupations sont entendues et que le processus peut déboucher sur des mesures concrètes visant à améliorer la sécurité et à rétablir une vie normale.

La visite du Premier ministre suscite également des attentes quant à la manière dont les préoccupations exprimées lors des discussions à Bamenda et à Buea seront consignées, communiquées aux décideurs et traduites en actions concrètes.

La première journée de la visite du chef Joseph Dion Ngute a été consacrée à la fois à une inspection des infrastructures publiques et à un nouvel appel à la paix. Jeudi 15 octobre, l’attention devrait se porter sur le « Dialogue communautaire » prévu pour la région du Nord-Ouest.

Les chefs traditionnels, les responsables religieux, les représentants de la société civile et les acteurs politiques devraient prendre part à ces discussions, qui ont pour objectif d’aborder la crise et d’explorer les voies menant à la réconciliation et au redressement socio-économique.

Reste à voir si ce processus répondra aux attentes des communautés touchées par le conflit. Pour de nombreux habitants de la région, le principal critère de réussite ne sera pas le nombre de réunions organisées ou de projets inspectés, mais la capacité de cette initiative à instaurer une paix durable et à permettre aux familles, aux écoles et aux entreprises de retrouver une vie normale.

Pour l’instant, la question posée par le Premier ministre — « Dix ans, n’est-ce pas suffisant ? » — donne le ton des discussions à venir. La réponse sera finalement jugée à l’aune de ce qui suivra la réunion.