C’est un séisme politique qui vient de secouer le Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (PCRN). Victoire Tchoupou, plus connu sous le pseudonyme de Vicson, cadre et figure historique de la première heure de la formation politique dirigée par Cabral Libii, a officiellement rendu le tablier. Dans une lettre de démission au ton particulièrement incisif adressée ce 27 septembre 2026 depuis Douala au président national du parti, l’ancien benjamin de la politique camerounaise rompt définitivement ses engagements.
Du coup de foudre militant au désenchantement L'histoire entre Victoire Tchoupou et Cabral Libii ressemblait pourtant à un compagnonnage sans faille. Engagé aux côtés du leader du PCRN dès 2017 au sein du mouvement citoyen « 11 Millions de Citoyens », Vicson avait incarné le visage de la jeunesse conquérante du parti. En 2020, alors âgé d’à peine 27 ans, il s'était illustré en devenant le plus jeune candidat aux élections législatives sous la bannière du PCRN.
Une admiration pour le président du parti si profonde qu'il avait même poussé la loyauté jusqu’à donner le nom complet de « Cabral Libii » à son propre fils, né en juin 2020.
Mais aujourd'hui, la ferveur a fait place à une amère déception.
L'idéologie du « Fédéralisme Communautaire » dans le viseur Au cœur de cette rupture sans retour figure une divergence idéologique profonde sur l'orientation du parti et tout particulièrement sur la doctrine du fédéralisme communautaire défendue par le PCRN.
Dans sa correspondance, Victoire Tchoupou ne mâche pas ses mots. Il dénonce ce qu'il qualifie de « montée d'un tribalisme à outrance dans les discours et les pratiques internes » qui, selon lui, fragilise le projet républicain.
> « Le fédéralisme communautaire dont certains illuminés attendent pour exercer leur frustration et leur soif de revanche sur certaines communautés reste et restera une vue de l'esprit », assène-t-il fermement dans sa lettre de démission
Pour l'ex-militant, cette vision représente une menace directe pour l'unité nationale, le vivre-ensemble et la cohésion sociale bâtis par les héros de la nation. Un départ symbolique à l’approche des grands rendez-vous politiques
La démission de Vicson intervient à un moment charnière pour le paysage politique camerounais. En perdant l'un de ses figures emblématiques issues de la société civile, le PCRN se retrouve une nouvelle fois confronté au débat épineux sur sa ligne idéologique et sa capacité à rassembler au-delà des clivages identitaires.
Alors que les réactions se multiplient au sein de la classe politique et sur les réseaux sociaux, le directoire du PCRN n'a pas encore réagi publiquement à cette vague de départ qui laisse des traces. Une chose reste certaine : la fracturation du discours républicain et les querelles d'orientations idéologiques continueront de pimenter les dures joutes politiques à venir.





