Le report des examens du GCE suscite des réactions mitigées chez les parents et les parties prenantes à Bamenda
Par Wirngo Peter Tardzenyuy Le récent report de certaines épreuves du Certificat général d'éducation (GCE) de 2026, à la suite d'informations faisant état de fuites de sujets d'examen, a suscité de nombreuses réactions parmi les parents, les acteurs de la société civile, les acteurs du secteur de l'éducation et les habitants de Bamenda. La décision,…
Par Wirngo Peter Tardzenyuy
Le récent report de certaines épreuves du Certificat général d’éducation (GCE) 2026, suite à des informations faisant état de fuites de sujets d’examen, a suscité de nombreuses réactions parmi les parents, les acteurs de la société civile, les acteurs du secteur de l’éducation et les habitants de Bamenda.
Cette décision, qui vise à préserver la crédibilité du processus d’examen, a toutefois confronté de nombreux candidats et leurs familles à des difficultés inattendues, en particulier dans la région du Nord-Ouest où la crise sociopolitique actuelle complique déjà l’accès à l’éducation.
Pour de nombreuses familles, ce report entraîne une charge financière supplémentaire. Plusieurs candidats issus de communautés rurales en situation d’insécurité s’étaient installés dans des centres urbains tels que Bamenda afin de passer leurs examens dans des conditions plus sûres. Les parents expliquent qu’ils avaient soigneusement prévu un budget pour l’hébergement, la restauration et les transports en fonction du calendrier initial des examens.
Le Dr Alfred Wuku Kudi, un parent, a fait part de ses inquiétudes quant aux répercussions financières de ce report. Selon lui, les parents avaient planifié leurs dépenses en fonction de dates d’examens précises et sont désormais contraints de supporter des frais supplémentaires pour permettre à leurs enfants de rester en ville jusqu’à la tenue des épreuves reprogrammées. Il s’est demandé si les dates de réouverture des écoles seraient également ajustées pour tenir compte de ces changements et a fait valoir que les parents ne devraient pas avoir à supporter le fardeau de ce qu’il a qualifié d’échec administratif.
Le Dr Agbor Nkeng, défenseur des droits de l’homme et coordinateur de la Commission du Centre camerounais des droits de l’homme à Bamenda, a qualifié cet incident d’embarras pour le Conseil du GCE. Il a souligné que les fuites d’épreuves sapent la confiance du public dans une institution qui organise des examens nationaux depuis des décennies.
Le Dr Nkeng a fait valoir que la responsabilité de cette fuite devait incomber à ceux qui sont chargés de gérer le processus d’examen plutôt qu’aux candidats qui auraient pu avoir accès aux questions. Il a également souligné l’impact psychologique sur les élèves, en particulier ceux qui s’étaient longuement préparés aux examens.
« Lorsque les élèves se préparent pendant des mois et apprennent soudainement que leur examen a été reporté, cela affecte leur moral et leur confiance », a-t-il observé.
Il a en outre évoqué les difficultés financières auxquelles sont confrontés les parents dont les enfants ont fait le déplacement depuis des localités éloignées pour se rendre dans les centres d’examen des grandes villes, précisant que ce report entraînerait des dépenses supplémentaires en matière d’hébergement, de restauration et d’autres besoins essentiels.
Toutes les réactions n’ont pas été négatives.
Le militant des droits de l’homme Kisob George N a qualifié ce report de réponse nécessaire à une situation malheureuse. Tout en reconnaissant que cette fuite n’aurait pas dû se produire, il a fait valoir que les autorités n’avaient guère d’autre choix que de reprogrammer les épreuves concernées afin de préserver l’intégrité de l’examen.
Selon lui, ce délai supplémentaire offre aux élèves une nouvelle occasion de consolider leur préparation, tout en garantissant que les diplômes obtenus à l’issue de ce processus conservent leur valeur et leur crédibilité.
Un parent, Sunday Ghali Bekwa, a également mis l’accent sur les difficultés pratiques auxquelles sont confrontées les familles. Il a expliqué que de nombreux candidats avaient quitté les zones rurales pour se rendre dans les centres urbains, car les centres d’examen de leur localité étaient soit inaccessibles, soit jugés dangereux. Prolonger la période d’examen de plusieurs jours, a-t-il fait remarquer, perturberait les dispositions financières et logistiques déjà prises par de nombreux foyers.
Le journaliste Amabo Chris Abonwi a proposé un point de vue différent, décrivant ce report à la fois comme une opportunité et un défi. Il estime que ce délai supplémentaire pourrait profiter aux élèves en leur permettant de revoir des sujets qu’ils n’auraient peut-être pas entièrement abordés avant les examens.
Dans le même temps, il a reconnu l’inquiétude croissante des candidats, qui craignent que les sujets d’examen de remplacement ne soient plus difficiles que ceux initialement prévus. Ces inquiétudes, a-t-il déclaré, ont ébranlé la confiance de certains élèves qui remettent désormais en question leur niveau de préparation.
Alors que les débats se poursuivent, un point fait l’unanimité parmi les différentes opinions exprimées : la nécessité de renforcer la sécurité des examens et d’empêcher de futures fuites. Pour de nombreuses parties prenantes, il reste essentiel de préserver la crédibilité du GCE, mais il est tout aussi important de veiller à ce que les candidats et leurs familles ne subissent pas de charges inutiles en cas de défaillances administratives.
Pour les élèves de la région du Nord-Ouest et au-delà, l’attention se porte désormais sur le calendrier révisé des examens et sur l’espoir que les épreuves restantes se dérouleront sans nouvelle perturbation.
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