La ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, S.E. Mounouna Foutsou, a lancé à Bamenda, dans la région du Nord-Ouest, une initiative nationale de téléformation visant à élargir l’accès à la formation professionnelle pour les jeunes, notamment ceux vivant dans des communautés touchées par la crise sécuritaire actuelle.
Cette initiative, mise en œuvre dans le cadre du programme gouvernemental « Un jeune, un métier, un emploi » (GEM), vise à rendre la formation professionnelle plus accessible en combinant l’enseignement en présentiel et l’apprentissage à distance, offrant ainsi aux jeunes la possibilité d’acquérir des compétences pratiques en vue d’un emploi ou de la création d’entreprise, quel que soit leur lieu de résidence.
S’exprimant lors du lancement, le ministre Foutsou a déclaré que le choix de la région du Nord-Ouest était délibéré, compte tenu des difficultés rencontrées par les jeunes pour accéder aux possibilités de formation traditionnelles.
Il a expliqué que cette nouvelle approche permettrait aux jeunes de suivre une formation professionnelle grâce à des centres de téléformation équipés des technologies nécessaires, tandis que d’autres centres mettraient à disposition des installations pour les travaux pratiques.
Du matériel est en cours de distribution aux sections d’artisanat rural et d’économie domestique (SAR/SM) dans les sept divisions de la région. Deux centres pilotes sont également en train d’être équipés de supports de formation agro-pastoraux afin de renforcer le développement des compétences dans l’agriculture et les domaines connexes.
« L’objectif est véritablement de changer le paradigme de la formation professionnelle », a déclaré le ministre, soulignant la nécessité de doter les jeunes de compétences pouvant déboucher sur des emplois ou leur permettre de créer leur propre entreprise.
Il a ajouté que, malgré les problèmes de sécurité affectant le Nord-Ouest, la région avait continué à déployer des efforts pour promouvoir la formation professionnelle, se disant convaincu que la téléformation créerait des opportunités supplémentaires pour les jeunes qui, sans cela, auraient pu avoir des difficultés à accéder à de tels programmes.
Le volet agro-pastoral devrait également contribuer au développement des compétences agricoles, conformément à la volonté du gouvernement de s’orienter vers une agriculture de deuxième génération, qui met l’accent sur l’amélioration de la production et le renforcement du secteur agricole.
Au-delà du lancement ministériel, l’événement a permis à des innovateurs locaux de présenter des solutions concrètes aux défis du quotidien, notamment en matière d’accès à l’énergie, de gestion des déchets et de coût de la vie.
L’une des innovations présentées était une cuisinière fonctionnant à l’huile de moteur usagée, mise au point par Young Star Enterprise. Son directeur général, Akisa Bertrand, a expliqué que cet appareil utilise l’huile de moteur usagée, que l’on trouve couramment dans les garages, comme source d’énergie pour la cuisson.
Selon M. Bertrand, cette innovation répond à deux problèmes : l’élimination inappropriée de l’huile de moteur usagée, qui peut polluer l’environnement, et le coût élevé des combustibles de cuisson conventionnels.
Il a expliqué que le système transforme l’huile usagée en énergie destinée à la cuisson, offrant ainsi une alternative potentielle à faible coût pour les ménages et autres utilisateurs. L’huile de moteur usagée étant souvent disponible à peu de frais, voire gratuitement, cet appareil pourrait contribuer à réduire les dépenses en combustible.
Bertrand a estimé le coût de production de la cuisinière à 60 000 francs CFA.
Une autre innovation présentée lors de cet événement était un système photovoltaïque solaire portable «tout-en-un», conçu pour fournir de l’électricité dans des endroits où l’alimentation électrique conventionnelle est indisponible ou peu fiable.
Le système intègre tous ses composants dans une seule unité portable que les utilisateurs peuvent déplacer d’un endroit à un autre. Son développeur a indiqué qu’il pouvait alimenter l’éclairage domestique et certains appareils électroménagers, notamment un réfrigérateur, en fonction de la capacité du système et des besoins énergétiques des appareils.
L’innovateur a expliqué que l’idée était de rendre l’électricité plus accessible et de permettre aux utilisateurs de disposer d’une source d’énergie fiable où qu’ils se trouvent.
Ces démonstrations ont mis en évidence comment la formation professionnelle peut aller au-delà de la simple préparation des jeunes aux emplois existants pour les encourager à développer des produits et des services répondant aux besoins locaux.
Pour la région du Nord-Ouest, cette initiative de téléformation offre une voie alternative à l’acquisition de compétences, à un moment où l’insécurité et les difficultés de déplacement continuent de perturber les activités normales dans certaines communautés.
En équipant les centres de formation, en développant l’enseignement à distance et en encourageant l’innovation pratique, le programme vise à offrir aux jeunes des opportunités d’emploi, de travail indépendant et de création d’entreprise.
Son impact dépendra en fin de compte de l’utilisation efficace du matériel fourni, de la qualité de la formation dispensée et de la capacité des jeunes à transformer les compétences acquises en moyens de subsistance durables.